OLGA KISSELEVA. DIVERS FAIT

On view online from April 2 until April 23, 2020
Dancing Spirits is a video created at the occasion of Kisseleva’s Artist residency at LVMH  (Château de Bagnolet, Cognac, maison de famille Hennessy) in 2015. The still lives are created within objets from the Hennessy family archive and these of the artist’s archive. This video is showed for the first time and exclusively at [dip] viewing room, and is part of LVMH collection. 

Olga Kisseleva talks about Divers Faits and Hypereality, exhibited at her solo show in 2016 at Krakow Museum of Contemporary Art (MOCAK)

The project Divers Faits is built around a photographic series of contemporary still lives. The historic references of the project are situated in the Dutch painting of XVIIth century, which contains a real dictionary of visual allegories developed by the painters of the Renaissance of the North, where every still life hides, the ” second line ” of subject told through any sorts of foodstuffs. Each piece of the series Divers Faits is also a story, which is read through the multiple semiotic and emotional meanings appropriate for each of the present objects in the composition.
The works were realized by a mixed team, consisted of art historians, sociologists, semiologists, one writer and the artist, according to the following protocol. A contemporary dictionary about the symbolism of the food and the objects of the everyday life is created by the team of the project there. This dictionary is made of different sections which consist of always valid historic references, as well as of international contemporary references. Fifty short stories were ordered to the writer Helena Villovich. These stories are inspired by our everyday life (that of a Parisian suburb of the years 2000 populated by artists, poets, wholesalers of clothes and by the immigrants in wait of Eurostar. Every story is built around some keywords extracted from the dictionary. A still life consists according to every story. Objects chosen as the still life correspond to keywords on the base of the story.

About Olga Kisseleva

Artist, professor and founding director of Art & Science Lab, Sorbonne university, Paris. Olga Kisseleva was born 1965 in Saint-Petersburg. Having graduated from the the Vera Mukhina institute of industrial art in 1988, she continued her Ph.D studies at the Hermitage museum and also studied physics at the Leningrad state university. In the early 1990s she studied at the university of California and Columbia university in New York, focusing on video art and multi-media, defending her Ph.D. dissertation on the topic of video and computer art. After receiving a Fulbright grant in 2000, she became a part of a team of creators working on the development of numerical technologies in the United States. In 1998, Kisseleva’s book on video and computer art was published in France and other countries and she was invited to teach at the Sorbonne. Since 2007 Kisseleva is head of the art and science department and a member of the high scientific committee of the Sorbonne. She is also an editor of Plastik Art&Science Magazine at Publications de la Sorbonne. Olga Kisseleva works mainly on installation, science and media art. Her work employs various media, including video, immersive virtual reality, the Web, wireless technology, performance, largescale art installations and interactive exhibitions. Olga Kisseleva’s approach to her work is much the same as a scientist’s. A discrepancy detected during a procedure or within the workings of a structure oblige her to formulate a hypothesis, in order to explain the complication in question, and wherever possible, to propose a solution to the problem. She then determines the skills necessary to pursue the relative study, and commissions the research. The artist calls upon exact sciences, on genetic biology, geophysics, and also on political and social sciences. She proceeds with her experiments, calculations and analyses, while strictly respecting the methods of the scientific domain in question. Her artistic hypothesis is thus verified and approved by a strictly scientific method. In each of Olga Kisseleva’s projects, at each stage of its development, from the initial draft (when the context is taken into consideration), until the moment when the indications allowing the esthetic propositions to come to light are gathered together, a line is traced upon which the different elements convened are inscribed. This way of addressing places and people allows the artist to take on an unusual position, a kind of involvement consisting of questioning, affronting or testing the elements constituting the reality of a situation in which she can borrow from numerous mediations, supports and modes of representation as diverse as the situations themselves. Yet it still implies, for the viewer as well as the artist, a certain faithfulness to a watchword – vigilance – returning to a principle of responsibility, and implying the establishment of open relationships between the different elements brought into play by esthetic propositions.  Olga Kisseleva has exhibited numerous art projects in the Modern Art Museum (Paris, France), the State Russian Museum, (Saint-Petersburg, Russia), KIASMA (Helsinki, Finland), Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia (Madrid, Spain), Fondation Cartier forсcontemporary art (Paris, France), Centre Georges Pompidou (Paris, France), Guggenheim Museum (Bilbao, Spain), MOMA (New York, USA), the National Centre for Contemporary Art (Moscow, Russia).

Très bien, merci, 2010
C-print, 40 x 60 cm, and text
Edition of 3

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Je suis une étudiante étrangère qui parle mal l’anglais et à peine à comprendre le mode de vie du pays qui l’accoille. Je me sens seule et fragile. Lorsque je rencontre quelqu’un, il me demande invariablement “Comment vas-tu?” Chaque foi, je donne une réponse circinstanciée en m’étendant longuements sur mes problèmes quotidiens et mes doutes intellectuels, Je suis réconfortée que quelqu’un veuille être mon ami et s’intéresse avec charité à mes soucis. Puis, ayant terminé mon long discours, je retourne la question à mon interlocuteur. “Et toi, comment vas-tu?” Chaque fois, j’obtiens la même reponse: “Très bien, merci”. Cela m’intrigue énormément. Comment donc font tous ces gens pour aller aussi bien? Quel est leur secret? Les gens qui vivent dans ce pays possèdent-ils tous des super pouvoirs? 

Virilité, 2010
C-print, 40 x 60 cm, and text
Edition of 3

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J’adore lire le journal au petit-déjeuner. Si je voyage et que je ne peux pas m’en procurer un écrit dans une langue que je parle, je feuillette quand même une publication locale. A OSlo, alors que je tente de déchiffer un journal norvégien j’y découvre la photographie d’un ours victime, si je comprends bien, de braconniers. Je suis surprise que le Norvegiens, descendant du peuple Viching, ne dirent pas fierté de se trophée. Au contraire, semble-t-il, c’est un gâchis car il s’agit d’une espèce protégée. Sur la même page figure une  publicité pour une 4×4. L’homme d’aujourd’hui, me dis-je, exprime sa virilité par sa voiture plutôt que par les produits de sa chasse. A l’aide de peaux d’animaux, je fait confectionner un tapis en forme de voiture que l’on pourra disposer devant sa cheminée comme un trophée.

Ascenseur, 2010
C-print, 40 x 60 cm, and text
Edition of 3

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J’expose à la Biennale d’art contemporaine de Moscou, dans une tour dont la construction n’est pas terminée.  Le jour du vernissage, les invités cheminent sur les planches pour éviter de salir dans la boue leurs beaux costumes et, pour les dames, leurs robes luxueuses et leurs chaussures à talons.  Un ascenseur permet d’accéder au cinquante-neuvième étage.  Mais dès le lendemain du vernissage, un problème se pose: le budget de l’exposition ne permet pas d’essence pour alimenter le moteur de l’ascenseur.  Les visiteurs et les critiques d’art restent en bas de la tournée, dépités.  Certains artistes courageux montent les étages à pieds.  La direction de la Biennale trouve, quant à lui, une solution simple pour accéder à l’exposition: chaque matin il extrait du coffre de sa Lada deux bidons de diesel.

 

Montage, 2010
C-print, 40 x 60 cm, and text
Edition of 3

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Tard le soir, dans le sous-sol d’une galerie parisienne que moi prêtent des amis espagnols, je suis en train de travailler avec un monteur sur une vidéo.  Il n’y a pas de fenêtre donnant sur l’Extérieur et, très concentré par le montage, nous perdons la notion du temps.  A un moment, nous avons conscience de coups obstinés frappés à la porte de la galerie, mais, comme nous n’attendons pas de visite et ne voulons par nous interrus, nous ne bougeons pas.  Au petit matin, fatigués mais satisfaits par notre travail, nous éteignons les machines, rangeons le matériel et sortons dans la rue.  Nous découvrons alors que le quartier est encerclé par les voitures de police.  Un immeuble une suite explosée à une fuite de gaz.  Tous les habitants ont été évacués dans le stress.  Nous ne nous sommes rendus compte de rien.

Mathèmatique, 2010
C-print, 40 x 60 cm, and text
Edition of 3

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Mon fils cadet, enthousiasmé par un film à succès se déroulant dans le nord de la France, décide de faire le voyage pour Lille avec ses deux meilleurs amis.  Les trois enfants, ont été de sept ans, s’éclipsent discrètement à la sortie de l’école.  A la gare de l’Est, ayant observé que certaines personnes parviennent à retirer de l’argent d’un “trou dans le mur”, ils ont imaginé faire la même chose afin d’acquérir le prix de leurs billets de train.  Mais ignorant l’existence des cartes bancaires et ne sachant comment s’y prendre pour retirer de l’argent du fameux trou, les trois amis s’assoient dans un coin pour découvrir la vérité, forcément cachée dans les pages de leur manuel de  . mathématiques  C’est là que nous, parents stressés, les retrouvons avant la police à qui nous avons signalé leur disparition.

Avocat, 2010
C-print, 40 x 60 cm, and text
Edition of 3

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Lorsque j’arrive en Californie pour demander aux gens comment ils vont, je me doute déjà de leur réaction.  Merci, très bien », Mais cela n’est pas suffisant pour moi.  Je pose la question en demandant obstinément que l’on me donne des détails.  Certaines personnes me rie au nez, d’autres menacent utilisaient la force physique et même l’appeler la voiture de police je n’ai pas le droit de poser des questions d’ordre privé, et en sur sur le territoire d’une  entreprise privée.  Les gens refusent d’être filmés et quand j’insiste, ils répondent J’espère que vous avez un bon avocat!  ».  Comme je n’ai pas d’avocat, je préfère couper l’image de la caméra et n’enregistrer que son.  Plus tard, en France, lorsque je projette la vidéo, on peut observer un écran noir et écouter les torrents 20 d’insultes qui me sont destinés.

 

Mitraillette, 2010
C-print, 40 x 60 cm, and text
Edition of 3

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Je suis une petite fille russe de dix ans très férue de littérature et j’ai pour frère un magnifique enfant de trois ans aux grands yeux bleus et aux cheveux blonds bouclés, on prend souvent pour une fillette tant il est doux et gentil  .  L’appréciation par-dessus tout les livres qui parlent de guerre, de sous-marins et de mitraillettes.  Pour lui faire découvrir de meilleurs textes à son inséré, je cache certains de mes livres à l’intérieur des siens.  Ainsi, le soir, je lui lis quelques pages remplies de héros mitrailleurs, puis enchaîne habilement sur Les Trois Mousquetaires.  Quand s’aperçoit que je le trompe, il proteste et moi!  s’obstine jusqu’à ce que je reprenne les textes de propagande patriotique qu’il apprécie tellement.  Bien qu’issu d’une famille d’intellectuels, mon frère veut devenir ouvrier stakhanoviste. 

Divers Fait, Récréation!, 2010
C-print, cm 40 x 60, and text
Edition of 3

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Nous nous installons dans ma cuisine et je commence à raconter des épisodes de ma vie à une romancière blonde et berrichonne afin qu’elles écrivent les textes qui inspirent mes photos.  Dés le début de notre collaboration féconde, nous prenons conscience que certains détails de nos biographies coïncident.  Par exemple, j’ai mis en euvre un projet nommé Où êtes-vous?  et c’est aussi le titre d’un film qu’elle a réalisé en France, au Danemark et en Allemagne.  Une photographie que j’ai prix représente la Joconde sur l’écran d’un téléphone portable et dans un de ses romans pour enfants, un petit garçon en visite pour la première fois à Paristake ce tableau en photo au musée du Louvre.  Aussi, nous convenons que les tribunaux récits inspirés de ma vie, la romancière pourront également mêler certains récits tirés de la sienne.

Nourriture, 2010
C-print, 40 x 60 cm, and text
Edition of 3

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Enfant, en Russie, j’entends les adultes pratiquer le langage d’Ésope, ainsi nommé en référence à cet esclave de la Grèce antique qui utilisait un vocabulaire à double sens pour critiquer la société impunément.  Lorsque je découvre au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg les petits tableaux hollandais du XVII siècle qui racontent des histoires de la vie quotidienne à l’aide d’objets symboliques, je commence à rêver de mettre en euvre ce projet: réaliser un  livre de natures mortes en photographie.  Vous mettrez dans la composition de la nourriture avec la correspondance correspondante dans le chemin des rues.  A chaque photographie correspondra une courte histoire.  Celle-ci ne relatera pas forcément un événement spectaculaire, elle pourra se contenter de pointer un détail quotidien révélateur de l’époque contemporaine.

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INQUIRE Olga Kisseleva. Divers Faits

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